Sur notre territoire, l’insertion des jeunes ne débute pas à la sortie du diplôme : elle se construit bien en amont, dès le lycée, et pour certains dès le collège. Un acteur clé y participe : le secteur privé. Grâce aux stages obligatoires et aux immersions en milieu professionnel, élèves, acteurs économiques et éducatifs locaux tissent ensemble une véritable chaîne de professionnalisation, qui prépare concrètement les jeunes aux réalités du terrain.

 

De l'élève au stagiaire, du stagiaire au professionnel

 

Cette année, 370 élèves de filière professionnelle ou agricole sont en stage sur le territoire. Ce sont 370 jeunes qui poussent la porte de nos commerces, ateliers et services. Un vivier considérable pour les entreprises locales. Pour les lycéens en voie professionnelle, il s’agit de confronter leurs apprentissages à la réalité du travail : respect des horaires, adaptation à une équipe, compréhension des process, utilisation des outils spécifiques à un métier.

 

 Des entreprises engagées dans la transmission & l'inclusion 

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Accueillir un stagiaire ne se résume pas à lui trouver un coin de bureau ou un poste en atelier. Les entreprises qui s’engagent réellement dans la professionnalisation jouent un rôle actif de formation avec des élèves à besoin particulier comme les élèves en situation de handicap. Plusieurs structures du territoire montrent l'exemple.

C'est le cas du Mini Mag de Te'esi qui accueille deux élèves d'ULIS pro à partir du lundi 20 avril, pendant quatre semaines. Les deux jeunes seront accompagnés tout au long de leur stage par un AESH (accompagnant d'élèves en situation de handicap). L'une vient de 7h à 11h30, l'autre de 9h à 11h30, ce qui permet une intégration progressive et adaptée.

Professionnaliser ces élèves, c'est leur confier des missions concrètes – gestion d'un rayon, relation client, participation à la vie du commerce – tout en tenant compte de leur rythme et de leurs besoins.

Le JLS de Tepa s'inscrit également dans cette démarche. Il accueillera deux élèves du collège en classe d’ULIS à partir du 18 mai pour un stage d'une semaine.

Accueillir des stagiaires en situation de handicap, c'est reconnaître que chaque jeune a des compétences à développer. Cela suppose un tuteur à l’écoute, des tâches adaptées et un environnement bienveillant.

 

Un investissement, pas une contrainte

 

Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes capacités d’accueil. Certaines redoutent la charge administrative, la responsabilité ou le temps à consacrer aux jeunes. À l’inverse, celles qui s’engagent voient aussi un bénéfice : vivier de talents, amélioration de l’image employeur, transmission de savoir-faire menacés de disparition. 

 

Faire grandir son entreprise & le Fenua

 

La professionnalisation des élèves du territoire n’est pas une option, mais une nécessité collective. Dans un marché du travail en mutation rapide, le rôle des entreprises locales dépasse la simple “bonne action”. 

En formant les stagiaires d'aujourd'hui, les entreprises construisent les collaborateurs de demain. Elles ancrent les jeunes sur le territoire, les aident à mûrir leurs projets d'avenir et à envisager des formations, tout en leur donnant envie de revenir au Fenua pour se lancer, pourquoi pas, dans l’entreprenariat.

Et si le stage n'était pas la seule porte d'entrée vers l’emploi ? L’apprentissage et l’alternance, qui sont en réflexion à Wallis-et-Futuna, sont la voie royale pour y parvenir. Le service civique, lui aussi, joue un rôle clé dans l'insertion professionnelle des jeunes du territoire. Un dispositif à découvrir dans notre prochain article.